15 ans
On me dit que ce métier n’est pas fait pour moi
Troisième, premier stage dans un institut qui vient d’ouvrir. À la fin de la semaine, le verdict tombe : l’esthétique n’est pas faite pour moi, je n’y arriverai pas. Je rentre chez moi, je pleure. Puis je me relève. C’était exactement ce qu’il ne fallait pas me dire.
Le lycée
De 9 de moyenne à La Coudoulière
Mon dossier ne suffisait pas pour entrer en école d’esthétique. Je suis passée d’environ 9 de moyenne à 14–15, j’ai obtenu mon brevet et intégré le lycée professionnel de La Coudoulière à Six-Fours, où l’admission était sélective. J’y ai préparé mon CAP esthétique. À cette époque, j’étais très renfermée, très timide, je n’osais pas déranger. Mais à l’intérieur, j’avais déjà de très grands rêves.
Les premiers stages
Le luxe, tout de suite
Je voulais un univers précis : l’hôtellerie de luxe. On m’a redit que ce serait compliqué. J’ai décroché mon stage à l’Hôtel Île Rousse à Bandol, cinq étoiles avec thalassothérapie et spa. Puis j’y ai travaillé en extra tous les week-ends pendant mes études, et mon BP s’est fait en alternance : cours à Marseille, cabine à l’Île Rousse. Ce qui m’attirait dans le luxe, c’était l’exigence, l’élégance, la rigueur, et quelque chose qui brillait. Moi aussi, j’avais envie de briller, d’exister, de prendre ma place.
19 ans
Paris, sur un coup de tête
Apprentissage terminé, je pars pour Paris. Je voulais croquer la grande ville à pleines dents et surtout me prouver que j’étais capable d’aller chercher la vie dont je rêvais. Extras puis CDI dans les spas des plus grandes maisons : le Ritz Paris, Le Meurice, le Plaza Athénée, le Saint James & Albany, la Villa Thalgo. J’y ai appris très jeune la rigueur, la posture, le souci du détail. La tenue, la façon de parler, d’accueillir une cliente : il fallait être irréprochable.
Ces années-là
Le travail comme façon de tenir debout
Pendant cette période, j’ai traversé de gros coups durs dans ma vie personnelle. Professionnellement, je tenais. Avec le recul, je crois que mon travail a longtemps été ma manière de rester debout : quand le reste n’allait pas, je continuais à avancer, à construire, à me dépasser. C’était aussi une façon de pouvoir me dire « regarde ce que tu es quand même capable de faire ». J’avais cette envie très forte de réussir, pas seulement pour rendre les autres fiers, mais surtout pour devenir fière de moi. Le travail est devenu l’endroit où j’osais devenir celle que je n’arrivais pas encore à être ailleurs.
Côte d’Azur
Du soin au management, et maman
Après deux années à Paris, retour vers le Sud : Cannes, Saint-Tropez, puis le Var. Le Carlton, le Hilton, La Farandole, l’Hôtel & Spa du Castellet, et de nouveau l’Île Rousse. Au fil des années, j’évolue du soin vers des fonctions de management en spa de luxe. Entre-temps, je deviens maman, sans cesser d’avancer professionnellement.
Covid
2 000 € en poche
Le monde s’arrête, et cette période provoque chez moi une grosse remise en question. J’ai envie de faire quelque chose qui ait davantage de sens, et je ne veux plus travailler pour un patron. En pleine période Covid, j’ai créé mon premier établissement avec 2 000 € en poche. Il a fonctionné. J’ai ouvert un second espace accolé au premier et agrandi le concept.
2025
Deux établissements de plus
J’ouvre deux nouveaux établissements à Cuers. Je continue à les exploiter et à les développer, tout en transmettant cette expérience à travers le consulting et la formation.
2026
La suite ? Elle est déjà en train de s’écrire…
Aujourd’hui, ce qui me porte, c’est de transmettre. Aider d’autres femmes à construire, à oser, à prendre leur place, celle que je n’osais pas prendre à 15 ans.